Archives pour la catégorie Bouquin

The Wake par Scott Snyder, Sean Murphy et Matt Hollingsworth

The Wake c’est un peu comme un OVNI. J’en entends parler pour la première fois chez un libraire en Allemagne, juste après la Gamescom. Mon ami Laurent cherche un truc génial. Nic le proprio, sans hésiter, lui montre le TPB de The Wake, en VO. Apparemment ça cartonne aux States et c’est effectivement génial. Il aura fallu presque 6 mois pour que je puisse lire la version française. Cette attente ne fut pas veine, c’est une vraie claque dans les dents.

Et The Wake ça parle de quoi ? À première vue, après une première lecture on voit une aventure épique. Découpée en deux morceaux bien distincts, la première partie nous plonge dans l’histoire d’une scientifique recrutée afin de déterminer une chose découverte au fond de l’océan. Sorte de sirène – mais pas aussi jolie qu’Ariel – la bête intrigue beaucoup de monde. Usant de pouvoirs connus dans notre folklore (pouvoir attirer les hommes grâce à leur chant) et de sa puissance, la sirène va réussir à s’échapper et ce sera le début d’un bon gros bordel.

La seconde partie se déroule bien plus tard, 200 ans plus tard pour être précis. Le monde a énormément changé, on se croirait presque dans Waterworld (oui oui le film avec Kevin Costner). L’humanité est retranchée et fait face à une terrible menace provenant de l’océan. Le récit est totalement différent, on suit une femme qui va se voir attirer dans une histoire complètement folle. Pourchassée, elle va découvrir des choses qui pourraient sauver le monde.

Collaboration de deux super stars actuelles dans le monde du comic book, Scott Snyder et Sean Murphy ont fait un travail de fou. N’oublions pas non plus la personne à la colorisation : sans Matt Hollingsworth, The Wake ne serait ce qu’il est.

Le trait du Murphy est stupéfiant. Depuis que je l’ai découvert avec Punk Rock Jesus, il fait parti des dessinateurs que je préfère. Brouillon, au premier coup d’œil, Sean Murphy a en fait un style sans pareil, tout est super détaillé, c’est magnifique. Du côté de la colo, Hollingsworth a réussi à sentir l’émotion de The Wake. La 1re partie est très sombre, avec des couleurs allant vers le noir ou le bleu. C’est le côté sombre de l’humanité, sa fin alors que l’autre partie du livre va vers les couleurs chaudes représentant la vie, l’illumination, le renouveau de l’humanité.

De son côté, Snyder nous livre une copie impeccable. Enfin presque, la fin est peut-être un peu rapide, un peu facile voire bizarre mais c’est quand même nickel. Il utilise énormément de références ! Il y a des légendes, des sirènes, des pirates et j’en passe. Il rend aussi les personnages très attachants en les rendant faibles, au bord du gouffre mais qui se mette à fond pour y arriver.

Une seconde lecture de The Wake peut être interprétée comme une critique de la société, de notre capacité à l’autodestruction ou de notre facilité à s’approprier des territoires sans se soucier des actuels occupants. The Wake peut être vu comme un message écologique : prenez soin de ce qui vous entoure sinon cela se retournera contre vous, le ménage sera fait, vous en sortirez plus fort et vous comprendrez le message.

Peu importe comment on interprète le message – si tant est qu’il y ait un message derrière – The Wake reste une très belle histoire réunissant Snyder et Murphy dans leurs meilleurs jours. Et big up à mister Hollingsworth avec sa colorisation de ouf !

Chroniques Birmanes par Guy Delisle

Chroniques Birmanes par Guy DelisleJe devrais faire mes futures chroniques de cette façon : Chroniques Birmanes de Guy Delisle c’est putain de bon, achetez-le ! Point final.

Plus sérieusement, je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus car je ne serais pas du tout objectif (en même temps c’est mon blog donc fuck l’objectivité !). Cette BD est l’un des meilleurs bouquins que j’ai pu lire. Je ne vois pas quelle œuvre j’ai pu dévorer de cette façon …

Chroniques Birmanes c’est l’histoire de Guy Delisle – oui l’auteur du bouquin lui-même, c’est une autobiographie - parti avec sa femme, qui travaille pour Médecins Sans Frontières, en Birmanie pendant un an. Je ne savais pas à quoi m’attendre et ce fut une claque. Traiter un tel récit (pour rappel, la Birmanie est une dictature assez dégueulasse) avec tellement de légèreté c’est de la prose de compèt’. Ce Québécois nous décrit sa vie dans ce rude pays, sa population, les villes, les modes de vie avec beaucoup de détails. C’est le guide du routard ultime.

C’est très bien écrit, c’est bien dessiné (Guy fait tout lui-même), c’est instructif (j’ai appris beaucoup de choses sur la Birmanie), c’est drôle, touchant, c’est frais. Bref c’est de la bonne came, tellement bonne qu’il me faut ses autres bouquins du même genre !

C’est sorti chez Delcourt, dans la collection Shampooing pour un peu moins de 17€.

Et je termine par un gros gros merci à mon ami Guillaume pour m’avoir offert ce chouette livre pour mon anniv’ !

Chroniques Birmanes par Guy Delisle

Exemple de planche (trouvée sur le net)

Halo: Escalation – Tome 1

Damned, j’avais presque zappé que j’avais un blog … Avec les chroniques pour la Guilde du Mercredi ou TechArtGeek, je ne prends plus le temps de m’occuper de mon petit bébé. J’ai beaucoup changé de formule depuis le début et je vais continuer … Comme je parle jeu vidéo à droite, à gauche, cela ne sert à rien de refaire la même chose ici, je ne ferai que relayer ces chroniques ici. Cela me laissera donc du temps – je ne ferai que de courts articles – pour parler des autres domaines que j’aime beaucoup : les bouquins, un peu de musique, etc.

Et on commence donc avec un comics dont l’univers est tiré d’un jeu vidéo (comme ça on reste un peu dans mon domaine de prédilection ^^).

Halo: Escalation est le dernier né des comics Halo. La série mensuelle a débuté en décembre 2013 et devrait se terminer vers Noël cette année. En gros fan pigeon, je me suis donc procuré le premier TPB, en VO, comprenant les 6 premiers chapitres de l’histoire.

L’action se déroule entre Halo 4 et Halo 5, juste après que John ait sauvé la Terre de l’UrDidacte. Malgré la paix entre l’alliance Covenant et les Humains, des tensions existent toujours. Certains Sangheilis et surtout les Jiralhanaes ne sont pas du même avis que l’Arbiter : la paix n’est pas à l’ordre du jour.

C’est donc avec l’appui du capitaine Lasky et du Spartan-IV Palmer qu’un sommet pour la paix va réunir des hauts dignitaires comme l’amiral Hood de l’UNSC, l’Arbiter et Lydus, un ancien chef Brute. Et comme tout ce qui touche à l’univers de Halo, rien ne va se passer normalement. Une grande bataille débute sur la planète qui accueille le sommet et les Spartan vont risquer leur vie, comme d’habitude, pour sauver les VIP et la paix.

Derrière ces attaques se cache quelqu’un de torturé avec des raisons que la loi anti-spoil m’interdit de divulguer. Je peux dire que ça ne cache pas trois pattes à un Mantis, c’est juste efficace ; on en apprend un peu plus sur les membres de l’Infinity après la bataille de Requiem (Halo 4), et ça se termine sur un petit cliffhanger fort intéressant ouvrant vers une suite qu’il me tarde de lire en avril / mai prochain (date de sortie du tome 2 en TPB).

Comme dans tous les comics Halo, l’histoire est sympathique, sans plus (ce n’est pas mauvais non plus) et ça caresse les poils des fans comme moi. Par contre au niveau du dessin, les caresses étaient un peu trop dans le mauvais sens. J’avoue avoir du mal avec les traits de Ariño et Sanchez, on passe parfois du très moyen au bon d’une page à l’autre. Il y a aussi trop de blancs, de non remplissage, des décors trop peu détaillés. Bref c’est assez inégal. J’ai aussi du mal avec certains visages qui sont un peu trop « chelou ».

Halo Escalation c’est clairement un bouquin pour les fans. Ça permet d’élargir encore un peu plus le canon qui commence à être énorme. Je conseillerais aux novices de l’univers de se bien se renseigner sur Halo 4 et d’aller voir le Wiki français, au besoin, car il y a beaucoup de références sur des choses peu connues.

Ceci est un exemple pour montrer les pages les plus « moches » (les visages, les proportions, la pagination) mais je vous rassure, il y a beaucoup mieux ! (n’hésitez pas à agrandir)

[CSS #4] Batman Silence – Noir et Blanc, édition spéciale 75 ans

1939 fut l’année de création du plus grand détective de la planète. 75 ans plus tard, le célèbre éditeur français, Urban Comics, décida de lui rendre hommage en rééditant 5 grandes histoires dans une édition noire et blanc. Batman Silence était manquant dans ma bibliothèque, j’en ai donc profité pour découvrir le chef d’œuvre du duo Lee et Loeb.

Silence raconte une histoire se basant sur les sentiments de Bruce Wayne. D’un côté il tombe amoureux de Catwoman et d’un autre, son meilleur ami d’enfance refait surface. Et bien entendu, un nouvel ennemi totalement inconnu apparait et est décidé de faire souffrir Batman.

Jeph Loeb a fait un sacré travail sur le scénario. Déjà sur Un Long Halloween et Amère Victoire – ce dernier est aussi disponible dans l’édition limitée N&B – Loeb est un grand connaisseur de l’univers de Gotham et il le fait savoir avec ce titre. Il arrive à instaurer du suspense et beaucoup de mystère concernant le nouvel ennemi. De surprises en surprises, Loeb a réussi à créer un final de folie.

Batman Silence est d’autant plus une œuvre de dingue car le scénariste a réussi quelque chose que peu arrivent sans se casser les dents : intégrer un nombre incalculable de personnages importants sans tomber dans le ridicule. Je reprends Batman Arkham City comme exemple. Dans le jeu, il y a pléthore de super-vilains : Double Face, Mr Freeze, Le Pingouin, le Joker, Killer Croc et j’en passe. J’avais trouvé leur utilisation très mal intégrée et presque inutile, c’était pour moi du fan service et rien de plus. Et contrairement à Paul Dini, Jeph Loeb a réussi a intégrer de grands méchants et rendant le tout très crédible et savamment très bien pensé.

En plus d’un scénario béton, on a du dessin de ouf. Jim Lee est une putain de machine. Ses traits font mouche à chaque fois, c’est précis, super détaillé, magnifique. Même si le travail de Alex Sinclair sur la colorisation du tome originel était très bon, il faut avouer que le noir et blanc donne un charme inimitable.

Le noir et blanc n’est certainement pas le domaine de prédilection du comic américain. Par exemple, ça marche très bien sur The Walking Dead car c’est dans le ton de l’histoire. Dans Silence, avec son ton très noir, allant vers le thriller à certains moments, le trait de Jim Lee fait son effet. Le rendu est magnifique et je ne regrette pas d’avoir fait l’impasse sur le tome colorisé.

Comme d’habitude, on a ici du très très bon travail d’Urban Comics, Batman Silence est sans conteste l’un des meilleurs récits du justicier de Gotham.

[CSS #2] Les Gardiens de la Galaxie, Tome 1 chez Panini Comics


À moins d’habiter dans une grotte ou de ne pas être réceptif au genre, vous avez nécessairement entendu parler des Gardiens de la Galaxie. Prochain film, avant Avengers 2, de Marvel Studios, cette saga peu connue, est aussi disponible en bouquin.

Dans la droite lignée des TPB Hardcovers, Panini Comics nous sort un chouette ouvrage regroupant les 3 premiers numéros, le numéro 0 ainsi que Tomorrow Avengers #1. Les quatre premiers chapitres (0, 1, 2 et 3) s’enchainent à une vitesse incroyable. L’histoire ne connait aucun répit. Beaucoup d’actions, pas mal d’humour, Bendis a fait un sacré boulot pour nous tenir en haleine.

Par contre il faut le dire, ça ne casse pas trois pattes à un raton laveur. C’est très très mainstream. Ce n’est pas du tout un reproche, au contraire. Lire des histoires sans prise de tête, ça ne fait pas de mal parfois. Franchement c’est méga kiffant de voir 5 gugus totalement badass qui se moquent des lois, qui foncent dans la baston. Qui a déjà vu un raton laveur armé jusqu’aux dents et qui gueule « bam je t’ai eu » quand il tue quelqu’un ? Et c’est encore plus fort quand on sait que son meilleur pote est un arbre (un genre de Ent).

Tomorrow Avengers #1 correspond à l’enchainement de petits récits présentant les différents gardiens : Rocket Raccoon, Groot, Drax et Gamora. Chaque histoire est super, rapide, y a juste ce qu’il faut pour connaitre les origines de chacun. J’ai particulièrement apprécié celle sur la passé de Gamora : des planches très propres, dynamiques, très jolies ; quasiment aucun texte, des bastons du début à la fin.

Côté dessin, je ne suis pas un grand spécialiste pour juger. En gros, c’est joli, très bien coloré. Tout ce que j’aime dans le comics.

Avant de finir, je tiens à pointer du doigt un gros défaut récurrent dans les TPB de Panini. Contrairement à ceux d’Urban Comics, les chapitres s’enchainent directement sans page de séparation. On passe donc du chapitre 3 à Tomorrow Avengers #1 d’une page à l’autre. Sans être totalement débile, on comprend très vite mais c’est assez déroutant. Que ce soit dans Superior Spider-Man ou Miracleman, les tomes de Panini ont tous ce problème. J’espère que l’éditeur italien ira voir comment fait le concurrence.

En conclusion, ce premier tome des Gardiens de la Galaxie est une petite bombe. Je continuerai à les suivre et j’ai maintenant hâte d’aller au cinéma en août prochain.